Découvrez la PSB DELUXE ASIA

image

Publicités

La rétrographie du Dr Gordon. Épisode 1 : Wonderboy

WB-1-header

Bienvenue pour cette première rétrographie qui sera peut-être la dernière, à moins que l’Académie Française ne retire sa future plainte pour ce mot inexistant, mais qui évoquera pour vous le bonheur d’un voyage dans le passé ou une séance en slip-chaussettes chez votre médecin de famille.

Aujourd’hui j’ai décidé de vous transporter en 1986 grâce à ma Gordon Cab (1) et de rétrographier le jeu le plus scandaleux de toute l’histoire du jeu vidéo : Wonderboy (le garçon merveilleux), tout un programme !

Tandis que la plupart d’entre vous n’étaient pas encore nés, je rêvais avec mes yeux d’enfant devant cette machine d’arcade en m’imaginant suffisamment grand et riche pour glisser une pièce de cinq Francs (2) dans la fente et pénétrer cet univers riche en couleurs et tellement excitant. Peine perdue, j’étais toutefois suffisamment pauvre pour regarder les plus fortunés jouer, et ça, ça n’a pas de prix, car, sous mes yeux défilaient des paysages dignes des dessins animés de Récré A2 (3).

Wonder-Boy-Stage-1Lorsque les joueurs partaient enfin ; je pouvais, par la seule force de mon imagination débordante, manipuler le stick et diriger le personnage sur fond de « game over » clignotant. Pardonnez cet instant nostalgique, place à la revanche de l’adulte.

Sur le papier, ce jeu de SEGA nous propose de participer aux aventures d’un certain Tom-Tom, homme des cavernes de son état, bien décidé à libérer sa colocataire des cavernes, Tanya, prisonnière d’un monstre sûrement dégueulasse.

Dans la réalité que les pixels nous offre, je dois, avec mon bâton de joie, diriger un petit garçon blondinet vêtu d’une simple couche-culotte comme unique fierté. J’assiste impuissant à la fugue d’un enfant fragile dans un territoire hostile, parti accomplir une sorte de Jihad pour retrouver sa copine qui n’a certainement pas la majorité sexuelle mais déjà les cheveux verts façon Punk. Bravo les parents.

Ce petit garçon est frénétique ou hyperactif, voire drogué (4) : même à l’arrêt il court sur place ! ajoutant du stress à notre périple. SEGA sait y faire. Heureusement, en cassant un œuf (de drogue ?), notre cher petit ami peut désormais se défendre en envoyant des petites haches en silex taillées sur pixels, dans la face de dangereux ennemis comme : des abeilles, des escargots, des oiseaux, des poulpes, des femmes-totems bleues et toute une ménagerie daltonienne…

S’il ne perd pas son privilège de défense en se faisant simplement effleurer par tous ces obstacles, le petit blond pourra à nouveau casser un œuf (de drogue ?) et évoluer directement du statut d’à peine homo sapiens Erectus, à celui d’ado en skate, n’en déplaise à Darwin (5).

89304-Wonder_Boy_(USA,_Europe)-3Le skate est rapide et fun mais il n’impressionne pas les rochers roulants ni les nuages ascenseurs, qui lui rappelleront bien vite qu’il n’est qu’un enfant en slip. Enfant qui, après son troisième œuf entamé, pourra voir voler une gentille fée autour de lui, le rendant insensible à la douleur (cherchez l’allusion !)

Le simple fait de passer des heures à progresser dans les nombreux tableaux sous terrains ou extérieurs, tout en donnant de l’argent à chaque partie à sa PSB (pourtant dépourvue de fente) ; est la preuve que ce jeu fut conçu par d’anciens trafiquants des Cartels Colombiens dont les excès de substances illicites ont bridés leurs yeux pour mieux se fondre dans la maison SEGA.

Mon diagnostic est donc sans appel : ce jeu est dangereusement addictif, terriblement stressant, d’un goût douteux et excitant, il est ainsi parfait pour nous, les vieux, adeptes du rétro ; mais également pour les jeunes, lassés de regarder les protagonistes de Secret Story coincés dans des décors statiques en HD.

(1) Merveilleux modèle unique de borne PSB, unique et réservée au Dr Gordon

(2) Ancienne valeur monétaire de l’ancien monde

(3) Emission jeunesse phare des années 70 à 80

(4) Personne en difficulté, dont l’exemple est à ne pas suivre

(5) Théoricien de l’évolution, grâce à lui l’homme descend du singe (les pauvres)